Le Blogue de Maurice Roussel

Fondateur du Centre de documentation généalogique Roussel qui contient la totalité des résultats de ses recherches sur les origines françaises des familles Roussel d'Amérique. Il est à l'origine de l'Association des Roussel d'Amérique qu'il mit sur pieds en 1996 et administra à titre de secrétaire-exécutif jusqu'en avril 2003 alors qu'il décida de se consacrer uniquement à son Centre de documentation sur le web.


Les actes d'état civil sont la propriété du peuple

Avec la venue de la haute technologie, il est devenu très facile de faire sa généalogie. Les actes des paroisses qui étaient conservés sur des microfilms sont en voie de numérisation et l'Institut généalogique Drouin est sûrement en avance sur Bibliothèque et archives nationales du Québec qui traîne la patte dans ce domaine et par le fait même fait en sorte que le Québec est devenu un territoire rêvé pour les commerçants d'arbres généalogiques et d'actes numérisés qui font des affaires d'or en offrant des abonnements en temps ou en bons que les braves québécois achètent sans même se demander pourquoi ils paient pour avoir accès à leur propriété; les archives du Québec c'est à nous. Certains vont jusqu'à faire des promotions offrant des escomptes sur les achats de ce qui nous appartient.

Il est normal de payer des honoraires à un généalogiste professionnel ou un historien pour nous aider à faire notre histoire de famille mais payer pour voir son propre acte de naissance, cela me scandalise. Qui plus est, ces gens vous font une offre qui apparaît très généreuse pour certaines personnes. Imaginez, ils vous permettent d'inscrire sur leur site toutes les informations sur votre famille sans frais.  C'est toute une aubaine qui enrichit leur inventaire de données.

Savez-vous qu'en France, un groupement important de généalogistes professionnels ont entrepris de faire pression sur le Ministère de la culture pour mettre fin à ces pratiques d'exploitation du patrimoine? Cette action a encouragé les archives d'état civil à s'organiser avec les associations généalogiques de tous les départements français pour faire toute la numérisation des actes avec leurs bénévoles qui se sont mis à l’œuvre avec un tel enthousiasme qu'au moment où j'écris ce billet, la presque totalité des registres de baptêmes, mariages et sépultures des paroisses catholiques et protestantes sont déjà disponibles au public sur internet absolument gratuitement. J'utilise moi-même ces services à l'occasion.

En Amérique, en particulier chez-nous au Québec, la situation actuelle est loin de s'améliorer et je me demande si cela dérange le ministre de la culture et les responsables de la gestion de notre patrimoine. Ce qui s'est fait en France avec des bénévoles se fera probablement ici avec des centaines de millions de dollars qui proviendront de nos goussets.

L'Institut Généalogique Drouin
Cet institut fondé par l'avocat Joseph Drouin en 1899 a réalisé au-delà de 1500 généalogies familiales jusqu'en 1937. C'est Gabriel Drouin, le fils de Joseph qui, à compter de 1938, se donna pour mission de microfilmer la majeure partie des registres d'état civil du Québec, toutes dénominations confondues. Tous les travaux de l'Institut Drouin ont été exécutés sans aucun recours aux fonds publics et malgré cela habilement rentabilisés. Je me souviens des grands livres rouges de l'Institut qui n'étaient pas accessibles à tous les budgets familiaux mais qui ont fait que la généalogie familiale a fait son chemin et a intéressé de plus en plus de gens. Maintenant le site web de l'institut dont le nom de domaine est www.genealogiequebec.com est le plus imposant et le moins dispendieux. Il contient en plus des actes d'état civil depuis la Nouvelle-France, des actes notariés et toutes sortes de documents d'intérêt. Une boutique en ligne contenant des milliers de livres et de collections est à la disposition des usagers. Je recommande fortement l'Institut Drouin le premier du genre au Canada qui constitue l’œuvre d'une famille de généalogistes qui a toujours eu le respect de tous et qui offre une formule d'abonnement très simple et généreuse; pas de bons à acheter. Personnellement j'ai un abonnement annuel qui est payé mensuellement et si je veux annuler pendant l'année, je peux arrêter les paiements sans pénalité. Voilà, en attendant que notre ministère de la culture prenne ses responsabilités, je me tourne vers un institut québécois qui a été le premier du genre à suivre les traces de Monseigneur Tanguay et à se rendre disponible au public en toute simplicité.

Maurice ROUSSEL
Le 17 février 2014

Quelques exemples français à suivre:

Appel pour préserver une généalogie libre

Pétition/art-culture/partenariat-notrefamille

Non à la privatisation du domaine public


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