Le Blogue de Maurice Roussel

Fondateur du Centre de documentation généalogique Roussel qui contient la totalité des résultats de ses recherches sur les origines françaises des familles Roussel d'Amérique. Il est à l'origine de l'Association des Roussel d'Amérique qu'il mit sur pieds en 1996 et administra à titre de secrétaire-exécutif jusqu'en avril 2003 alors qu'il décida de se consacrer uniquement à son Centre de documentation sur le web.


La généalogie, mon père et moi

Je me souviens alors que j'étais un adolescent, j'entendais souvent mon père dire pendant ses conversations:«Y a des Roussel à Mont-Joli mais j'pense pas qu'y sont parents avec nous-autres.» et d'autres fois c’était:«Mon ami Théberge est marié à une Roussel de Saint-Simon mais ce doit être une autre branche parce que c'est pas une famille Roussel parente.». Souvent cela revenait dans ses conversations.

Il aurait bien voulu, mon père, s'acheter les gros livres rouges de l'Institut Drouin avec son arbre généalogique mais à 850 dollars dans les années quarante, c'était trop pour le propriétaire d'une petite épicerie de faubourg qui pouvait arriver de justesse à faire vivre sa famille de 8 enfants. Dans son temps, entreprendre des recherches dans les registres de paroisses était impensable. Des prêtres le faisaient pour leur famille parce qu'ils avaient accès aux registres et qu'ils avaient le temps de le faire. Dans ma tête, je me disais que quand je serai grand, je vais gagner de l'argent et je vais les acheter les gros livres rouges de nos origines.

Le temps a passé, je suis devenu grand mais comme tous ceux qui deviennent grand il faut organiser sa propre vie, et faire en sorte de la réussir ce qui fait que l'intérêt pour nos sources se perd dans le tourbillon de nos responsabilités professionnelles, familiales et sociales. Résultat : le temps a passé, mon père est mort et dès lors est revenu dans ma mémoire sa quête pour connaître ses racines. Qui plus est, sa quête est devenue la mienne et maintenant je me disais que lorsque je prendrai ma retraite, je consacrerai mes temps libres à trouver d'où mon père venait et je partagerai les résultats de mes découvertes par tous les moyens, avec tous ceux qui portent notre patronyme et qui se posent les mêmes questions que mon père. C'est arrivé en mai 1996 et sans tarder, je suis allé visiter les archives nationales du Québec pour me familiariser avec les lieux, les règlements et surtout le silence. Oui le silence dans lequel j'entendais seulement la voix de mon père et je lui disais «payons-nous la traite, papa».

Mon tout premier geste fut de consulter le gros dictionnaire généalogique de Monseigneur Tanguay, j'ai découvert que mon ancêtre qui est venu à Rivière-Ouelle, était originaire d'une paroisse du diocèse de Saint-Malo qui s’appelle Ervaux mais je n'ai jamais trouvé une commune de ce nom dans toute la Bretagne. C'est alors que j'ai trouvé sur internet, le site de l'incontournable Denis Beauregard qui était LE chercheur-généalogiste qui n'avait pratiquement rien à son épreuve. Grâce à lui, j'ai obtenu la liste de tous les migrants qui sont venus en Nouvelle-France et j'y ai trouvé la paroisse d'origine de mon ancêtre : Évran dans les Côtes du nord maintenant appelé les Côtes d'Armor en Bretagne. J'ai réussi à trouver des contacts en Bretagne par l'entremise d'un forum : Isabelle GIRAULT une tourangelle endocrinologue qui avait trouvé ses sources chez les ROUXEL d'Evran, Louis ROSE un généalogiste engagé qui descendait de la sœur de mon ancêtre. Je me suis dit:«on avance papa».

Vous connaissez sans doute la suite : regroupement des Roussel dans une association, rédaction d'un journal pour les membres, des voyages au pays des ancêtres, publication d'un livre etc. Résultats : maintenant octogénaire, je regarde ce que j'ai fait sous l'inspiration de mon père et je suis super content. Le Centre de documentation généalogique Roussel constitue le lot de mes découvertes que je suis fier de partager sans obligation avec ceux qui portent notre patronyme et qui se demandent comme mon père : «ces Roussel de Mont-Joli, de Saint-Simon et Saint-Fabien sont-ils oui ou non mes cousins?» Et ma réponse c'est OUI!

Bravo papa, j'ai oublié d'acheter les gros livres rouges mais on a fait une sacrée belle job !


Maurice ROUSSEL
Le 8 février 2014


Tous droits réservés 2014-2016