Le Blogue de Maurice Roussel

Fondateur du Centre de documentation généalogique Roussel qui contient la totalité des résultats de ses recherches sur les origines françaises des familles Roussel d'Amérique. Il est à l'origine de l'Association des Roussel d'Amérique qu'il mit sur pieds en 1996 et administra à titre de secrétaire-exécutif jusqu'en avril 2003 alors qu'il décida de se consacrer uniquement à son Centre de documentation sur le web.


L'expérience de l'Association des Roussel d'Amérique

Pour se maintenir vivante, une association de famille doit maintenir des activités de rencontres et des projets qui allument la fierté des membres et de tous ceux qui portent le patronyme familial. C'est ce que j'ai fait avec succès avec le concours de mon cousin Elphège Roussel, suite à son élection à la présidence de l'Association des Roussel d'Amérique en 1998. j'étais moi-même Secrétaire exécutif et je remplissais à peut près toutes les tâches administratives en plus de mon projet personnel de reconstituer l’histoire des ancêtres et la généalogie des Roussel. Mes travaux de recherches étaient sur le métier et chaque semaine, je recevais par courriel, des montagnes de documents historiques puisés dans les archives de Rennes par mon correspondant Jean-Yves Guyot et d'autres documents importants de mon cousin généalogiste Louis Rose, lui même descendant des Rouxel de la Bretagne.

Mon cousin Elphège s'était engagé à servir comme président pour un mandat d'un an seulement, vu qu'il était dirigeant d'un organisme qui œuvrait dans le domaine des toxicomanies et qui demandait beaucoup de son temps. Nous avons donc mis nos projets importants en plan d'exécution, soit : la préparation d'un premier rassemblement national à Rivière-Ouelle, berceau des Roussel d'origine bretonne en août 1999 et le dévoilement d'une stèle imposante en l'honneur de l'ancêtre Jacques Roussel, dans le cadre de ce grand rassemblement. Je souligne que l'année 1999 marquait le 250e anniversaire de l'arrivée de l'ancêtre à Rivière-Ouelle.

La première chose à faire était d'intéresser un groupe du Kamouraska à former un comité et Elphège était passé maître dans ce domaine. Nous avons eu la chance d'obtenir le consentement de la Dre Renée Roussel comme responsable de ce comité dont la charge était de suivre la fabrication de la stèle et la fourniture des services et équipements nécessaires pour le déroulement de ce qui allait être la plus grande manifestation de fierté des familles Roussel. Elphège, homme délicat mais entreprenant a rapidement développé une relation très cordiale avec le comité local. Nous avons immédiatement lancé une levée de fonds pour assurer la facture de la stèle que l'on évaluait à environ 2 500 $. À la fin d'avril 1999 presque toute la somme nécessaire pour couvrir la stèle est déjà entrée. Et mon livre est presque terminé.

À la mi-mai, j'entreprends un voyage en France où j'irai voir le pays d'Évran et le village natal de mon ancêtre Jacques Rouxel. À mon retour je termine rapidement l'écriture de mon bouquin et je décide que le titre sera Les ROUSSEL descendants des familles Rouxel de la Bretagne. Comme il s'agit d'un projet personnel, je fonde une société d'édition sous le nom de Éditions des Murailles et je passe le manuscrit à mon fils Jean-François (professeur de théologie à l'Université de Montréal) pour la correction. Le 17 juillet, soit trois semaine avant le rassemblement, mon épouse Denise meurt d'une leucémie aiguë sans avoir lu mon livre. Je suis atterré et inconsolable. Mais je dois m'assurer que la grande fête sera un succès et que je pourrai y lancer mon livre parce que j'ai promis au président de donner 5$ à l'Association pour chaque livre vendu à Rivière-Ouelle. Je vais déposer le travail revu et corrigé à Servi-Litho pour impression. Et une semaine avant l'événement je reçois mes livres imprimés que je feuillette avec mes cousins français qui étaient arrivés la veille.

Enfin le vendredi 6 août je pars pour Rivière-Ouelle avec ma cousine Janine Rouxel de Les Montils, France et son mari. Leur fille, Isabelle et son mari y sont déjà arrivés. Le samedi, les gens arrivent et remplissent la salle communautaire de Rivière-Ouelle et toute l'après-midi Elphège et moi sommes accueillis par des centaines de cousins et cousines dont la majorité nous était jusqu’alors inconnue. Je n'oublierai jamais ces paroles que le curé de Rivière-Ouelle m'a dites le dimanche avant-midi après le dévoilement de la stèle à l'ancêtre : « Je reçois beaucoup de rassemblements de familles ici mais cette fois, on a l'impression que tout le monde se connaît depuis toujours ». Je n'oublierai pas non plus cette retrouvaille émouvante qui s'est passée sous mes yeux alors qu'un franco-américain a retrouvé sa demi-sœur après plus de 20 ans de séparation.

Ce sont des moments comme ceux là et le succès éclatant de cette grande fête qui ont mis un baume dans mon cœur malgré la grande tristesse d'avoir perdu celle qui a fait mon bonheur pendant 44 ans.

Je ne regrette pas les années que j'ai consacrées à construire l'Association des Roussel d'Amérique et je suis reconnaissant envers le cousin Elphège Roussel qui a partagé avec moi les principales réalisations de cet organisme soit le lancement des rassemblements nationaux et une stèle imposante qui a mis le nom de notre ancêtre dans le granit pour toujours.

Maurice ROUSSEL
Le 10 octobre 2014


Tous droits réservés 2014-2016