Le Blogue de Maurice Roussel

Fondateur du Centre de documentation généalogique Roussel qui contient la totalité des résultats de ses recherches sur les origines françaises des familles Roussel d'Amérique. Il est à l'origine de l'Association des Roussel d'Amérique qu'il mit sur pieds en 1996 et administra à titre de secrétaire-exécutif jusqu'en avril 2003 alors qu'il décida de se consacrer uniquement à son Centre de documentation sur le web.


La mort du chirurgien Timothée Roussel

Dans l'hiver de 1700-1701, il y eut à Québec des maladies populaires qui firent d'étranges ravages. Le mal s'annonçait par un mauvais rhume, auquel se joignait une fièvre ardente accompagnée de fortes douleurs de côté, et il emportait les personnes en peu de jours. La contagion, qui avait commencé sur la fin de novembre, se répandit bientôt dans toute la ville, et il n'y eut pas de maison qui ne fût changée en hôpital. Toutes les communautés furent attaquées en même temps, et à peine en restait-il quelques-uns debout pour soigner et assister les autres.

Il mourut dans Québec plus de 200 personnes; de ce nombre fut M. Henri de Bernières, qui était venu de France tout jeune ecclésiastique, avec M. de Laval qui l'ordonna prêtre en Canada, où il est toujours demeuré pour servir cette nouvelle Église avec un grand zèle et d'une manière très édifiante.

Le chirurgien Timothée Roussel qui était depuis plusieurs années le médecin de l'Hôtel-Dieu, fut aussi emporté par la contagion le 11 décembre 1700. La Mère Juchereau de Saint-Ignace raconte une curieuse aventure arrivée au notaire Chambalon, lors des funérailles du chirurgien Roussel:

M. Roussel décédé à l'Hôtel-Dieu, ses enfants souhaitaient qu'il fût enterré à la paroisse (c'est-à-dire dans la cathédrale). M. de Chambalon, notaire de Québec et gendre du mort, qui agissait pour la famille, ordonna ses funérailles; et quoiqu'on l'eût averti qu'il devait demander à la supérieure de l'Hôtel-Dieu la permission de faire enlever le corps de son beau-père, il crut que c'était une formalité superflue, et ne voulut faire là-dessus aucune soumission, il laissa venir le clergé jusqu'ici, mais pour maintenir les droits de l'hôpital, on fit fermer la porte de la salle et la portière répondit qu'on n'ouvrirait point, et qu'on ne laisserait point enlever le cercueil, que M. de Chambalon n'eût fait son devoir en demandant cette permission. C'était au mois de décembre, la saison était très froide, les prêtres attendirent dehors et firent des reproches à M. de Chambalon, de ce qu'il les mettait en chemin sans avoir fait les démarches nécessaires. Il se vit enfin contraint d'aller promptement et tout confus sonner au parloir; ayant demandé à notre supérieure et obtenu d'elle la permission qu'il souhaitait, il lui fit bien des excuses et aussitôt on ouvrit les portes, le clergé entra et enleva le corps qui fut enterré honorablement, comme ses parents le désiraient.

Maurice Roussel
Chercheur-généalogiste des familles Roussel


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